LA LA LAND

Sebastian (Ryan Gosling) und Mia (Emma Stone)

« Tu t’accroches au passé, alors que les artistes que tu révères cherchaient à faire la musique du futur »

Voici un des films les plus attendus de ces dernières années et grand favori de la prochaine cérémonie des Oscars. Malgré tout le foin qui l’entoure, je n’ai absolument pas été déçue, que du contraire!

Mia, wannabe comédienne qui enchaine les castings, rencontre plusieurs fois, de manière fortuite, Sebastian, un musicien de jazz nostalgique et un peu déprimé. Leurs premiers échanges sont électriques mais l’air de rien le courant passe quand même. Bercés par les lumières de La La Land, L.A et son éternel pouvoir d’attraction, ils tombent finalement amoureux l’un de l’autre. Les saisons passent et Mia et Sebastian tentent d’accomplir leurs rêves respectifs… Et à L.A la concurrence est impitoyable.

Damian Chazelle, à qui l’on doit le brillant et déjà musical « Whiplash », rend hommage à l’âge d’or des comédies musicales telles que « Singing in the Rain » ou les films de Jacques Demy. Mais bien plus subtilement qu’en réalisant une pâle copie. S’en dégage une mélancolie loin d’être poussiéreuse aux belles images en Technicolor. La musique de Justin Hurwitz ajoute de la magie donnant des ailes à Emma Stone qui allie pétillement, finesse et talent et Ryan Gosling qui est décidément tellement meilleur quand il utilise son charme ravageur à des rôles alliant humour et émotion.

Tout sauf une comédie musicale écervelée, La La Land nous fait voyager entre nostalgie et modernité dans les méandres de la vie de couple et de l’accomplissement professionnel : doit-on faire des concessions et renoncer à ses principes pour arriver au sommet ? C’est toute la question que Chazelle pose.

C’est beau, poétique, intense, drôle, triste… On sort de là chamboulé mais envouté par quelques notes de piano…

« City of stars are you shining just for me? »

La La Land – trailer

 

 

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MONEY MONSTER

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« J’ai beau avoir le flingue, les criminels c’est eux » 

Lee Barnes est le présentateur vedette de « Money Monster », émission bien nommée, son but étant de conseiller le petit peuple sur divers placements boursiers en se foutant royalement de toute éthique ou de toute conséquence, le tout emballé dans un show un peu hystérique mais bien huilé avec danseuses à moitiés nues et pluie de confettis… C’est pour dire le degré de sérieux des conseils prodigués.

Mais Kyle, jeune gars ayant naïvement placé la totalité de ses maigres économies comme nonchalamment suggérés par Lee lors d’une précédente émission, débarque en plein direct et prend Lee en otage. Bien remonté, Kyle menace de tout faire sauter, car victime d’Ibis, une société de placement dont 800 millions de dollars se sont mystérieusement évaporés, spoliant des milliers de modestes épargnants. La seule option pour le présentateur est de mettre Kyle en contact avec Walt Camby, le pdg d’Ibis bien entendu introuvable.

Quant à Patty, la réalisatrice de l’émission coincée dans la salle de régie, elle garde son sang froid : tout en conseillant Lee dans le creux de son oreillette, elle cherche activement Walt.

Jodie Foster signe un thriller haletant, très efficace et d’une grande intelligence. Georges Clooney et Julia Roberts sont au sommet, lui égocentrique au début puis de plus en plus emphatique et elle tout en self control et pragmatisme.

Encore une fois les pratiques douteuses et désincarnées de Wall Street sont dévoilées au grand jour, montrant sous un aspect peu reluisant  un monde économique ou les uns font miroiter aux autres une fortune vite faite bien faite, laissant l’histoire se répéter inlassablement… La réalisatrice égratine aussi au passage les journalistes responsables d’une mise en scène de l’info, toujours plus avides de scoops et prêts à tout pour divertir. Et pose un regard sans complaisance sur le public, spectateurs hypnotisés par le show, gobant ces images aussitôt vues aussitôt oubliées accordant à cette presse à sensation l’importance dont elle a besoin… Une actualité en remplace une autre.

Passionnant de bout en bout…

Money monster – trailer

 

 

 

 

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« Pourquoi ils tombent tous comme des mouches sur cette affaire? »

Holland March et Jackson Healy sont tous deux détectives privés mais aux méthodes diamétralement opposées. L’un est plus tôt calme, un rien maladroit, se refusant rarement un petit verre et s’occupe essentiellement de petites vieilles dont un proche a disparu, l’autre est du plutôt du genre  nerveux, dégainant facilement les poings pour faire parler et traine avec des personnes douteuses. Le hasard fait qu’ils se retrouvent à enquêter sur la même disparition : celle de Amelia, la fille d’une femme haute placée dans l’administration américaine, dont la trace se perd dans les méandres de l’industrie du porno. Gros scandale en perspective pour la carrière de maman.

Le film est réalisé par Shane Black a qui on doit déjà le tout bon « Kiss Kiss Bang Bang » et les scénarios de « L’arme fatale ». Il remet le couvert avec cet opus très rythmé et qui surtout montre un Ryan Gosling en très grande forme, incarnant avec panache le looser de service. Ca fait un bien fou de le voir abandonner, pour longtemps j’espère, ces rôles de poseurs ténébreux. Il jubile littéralement, terriblement bien secondé par un Russel Crowe ventripotent mais ravi de cogner des têtes dès que la réponse à sa question ne lui convient pas…

Et le fait que ça se passe dans les années septante rajoute une couche de kitsch subtilement dosée mais bien tapée. Les fêtes n’en sont que plus grandioses, les cavales plus épiques et les répliques plus percutantes…

Niveau scénario, rien de nouveau sous le soleil californien depuis la naissance du buddy movie mais, filmé par un spécialiste du genre,  il atteint son objectif. C’est déjanté, jubilatoire et jouissif!

The Nice Guys – trailer

 

 

ROSALIE BLUM

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« Heureux qu’est ce que ça veut dire? On dirait un magazine féminin à la con. »

Le jour où Vincent Machot, coiffeur dans une petite ville de province, croise le regard mélancolique d’une épicière qu’il est sûr d’avoir déjà rencontrée, sa vie banale et en demi-teinte change du tout au tout. Il décide de sortir de sa zone de confort et de prendre cette femme en filature. Mais l’épicière n’est pas née de la dernière pluie et elle capte assez vite le manège de Vincent. Elle fait donc appel à sa nièce pour le filer à son tour…

Julien Rappeneau livre un film sans prétention, plein d’amour et de tendresse où Kyan Khojandi, trouve après « Bref » un rôle sur mesure alliant justesse et humour doux-amer. Sa mère jouée par Anémone est au top et prend un malin plaisir à manipuler son fils un peu timoré et puis Noémie Lvosky confirme tout le bien qu’on pense d’elle, quant à Alise Isaaz, elle apporte toute sa fraicheur dans le rôle de la nièce, elle aussi un peu à côté de ses pompes, entourée de ses deux meilleurs amies et de son colloc, tous un peu perchés mais super attachants…

C’est le feel-good movie dont on ressort avec un agréable sentiment de légèreté…

http://www.allocine.fr/video/player_gen_cmedia=19560448&cfilm=221612.html

 

 

 

 

TRIPLE 9

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« Ton job c’est de combattre des monstres et de rentrer chez toi quand la nuit tombe. »

Le film s’ouvre sur un spectaculaire braquage de banque. Rivé au siège, les mains écrasant les accoudoirs c’est parti pour deux heures de pure action rondement menée.

Faut dire qu’être flic et braquer en plein jour, en quelques minutes, une banque, sans faire de morts et en échappant à ses collègues, c’est vachement couillu. En même temps Michael Atwood n’a pas vraiment le choix vu que son ex-belle soeur, commanditaire du hold-up, est la big boss, peu commode, de la mafia russo-israélienne d’Atlanta. Et que malgré la brillante réussite de l’opération, elle décide de ne pas payer l’équipe de Michael. Pire, elle surenchérit, proposant un vol encore plus risqué. Le seul plan pour y arriver est d’actionner un code 999, ce qui signifie en jargon policier : un flic est à terre donc rapatriement de toutes les unités pour le sauver. Ce qui laisse la voie libre à Michael et sa bande de ripoux pour faire ce qu’ils ont à faire… Mais bien sûr rien ne se passe comme prévu…

Ce film est un pur moment d’entertainement comme les américains en ont le secret : super bien rythmé, super bien filmé… Et avec, cerise sur le gâteau, un casting cinq étoiles entre Woody Harrelson en vieux flic usé mais tout aussi convaincant que dans « True Detective », Casey Affleck toujours impeccable, Chiwetel Ejiofor vu dans « Twelve years a slave », très crédible en chef de bande un peu dépassé, Aaron Paul qui réussi son après « Breaking Bad » plus paumé que jamais, et une impériale Kate Winslet qui gère son petit monde d’une main de fer.

Triple 9, triple plaisir…

Triple 9 – trailer

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« La foi c’est 23 heures de doute et une minute d’espérance. »

Sujet complètement improbable mais véridique. En 1945, en Pologne, Mathilde, une jeune docteur de la Croix Rouge Française voir débarquer une religieuse polonaise d’un couvent voisin. Cette dernière lui demande de l’aide. Elle l’éconduit gentiment. Mais la religieuse persiste et se met à prier, les genoux dans la neige, devant le bâtiment.

Mathilde intriguée finit par la suivre et découvre avec surprise qu’une des novices est sur le point d’accoucher. Et elle n’est pas la seule. Six autres religieuses sont dans cet état… Ce drame est le fruit d’une escale de soldats russes quelques mois plus tôt.

Et la mère supérieure affolée à l’idée que cela s’ébruite et que le couvent ferme ses portes,  abandonnant ces pensionnaires à un triste sort, décida de garder le secret.

Mathilde, athée et plutôt terre à terre, mais guidée par son besoin d’aider et de soigner, et les religieuses traumatisées et méfiantes au départ, tentant de garder leur foi intacte, commencent à tisser des liens. Peu à peu les religieuses se confient et donnent accès à leur univers… Et l’enrichissement devient mutuel.

Anne Fontaine signe un très beau film, plein d’humanité et de nuances. Personne n’est ni tout blanc, ni tout noir… Et si Mathilde est quelque peu désabusée par ce qu’elle a du voir pendant la guerre, les religieuses ne sont pas pour autant des oies blanches effarouchées. Elles ont eu des vies pleines, intéressantes, et sont animées de doutes qui les amènent à se questionner sans cesse…

La rencontre à l’écran de Lou de Lââge, juste sortie de l’adolescente mais terriblement convaincante en jeune médecin, et d’Agata Buzek, vibrante en bras droit de la mère supérieure, veillant avec bienveillance et lucidité sur sa congrégation, est tout simplement magnifique…

Cette histoire ancrée en 1945 résonne encore aujourd’hui de par les atrocités dont les humains sont capables à travers les siècles et de part l’inaptitude de l’église à gérer ce qui la dépasse…

Les Innocentes – trailer

 

 

 

 

 

 

SPOTLIGHT

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« Comment dit-on non à Dieu? »

Spotlight c’est le nom de l’équipe de journaliste du Boston Globe qui en 2002 a enquêté pendant de nombreux mois pour dévoiler au grand jour les affaires de prêtres pédophiles que l’Eglise de Boston tentait d’étouffer depuis de nombreuses années.

Sujet délicat, entrainant des répercussions dans le monde entier, les prêtres pédophiles n’étant pas une exception américaine. En Belgique nous sommes bien placés pour le savoir…

L’Eglise, après avoir essayé d’intimider et menacer les journalistes, a du donc enfin faire face à ses démons et punir les monstres qu’elle protégeait en toute impunité en versant des indemnités aux victimes. Une victoire symbolique mais tellement importante pour eux, enfin reconnus. La question étant de savoir pourquoi les supérieurs, au courant de la situation,  protégeaient coûte que coûte leurs brebis galeuses? Par peur du scandale? Bel exemple de foi chrétienne! Surtout quand on sait que les prêtres abusaient souvent des enfants issus de milieux défavorisés… Tellement plus facile!

Le film a, au-delà de son sujet, mérité cet oscar tant il est passionnant de bout en bout, porté par un casting étincelant entre Micheal Keaton, Mark Buffalo, Rachel McAdams, Liev Schreiber, Stanley Tucci… Et renoue avec les grands films militants des années 70 qui ont fait la gloire d’un cinéma américain engagé et intelligent. Pas de langue de bois ou de mièvreries… Les faits et rien que les faits…

Grosse claque pour l’église qui se débat encore aujourd’hui avec ces affaires pour le moins gênantes, ternissant une image déjà pas au top… Un des gros défis du Pape François….

THE REVENANT

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« Nous sommes tous des sauvages. »

Ca y est Di Caprio a enfin été honoré pour son talent assez exceptionnel ! On finissait par croire qu’il y a avait un embargo contre lui !

Et il l’aura mérité cet oscar, sa prestation est brillante comme d’habitude. Il campe Hugh Glass, un trappeur laissé pour mort suite à l’attaque, spectaculaire d’ailleurs, d’un ours et qui, animé par un désir de vengeance, parcourt des centaines de kilomètres dans une région plus que hostile, entre tonnes de neige, attaques d’Indiens et nature peu accueillante, à la poursuite de l’homme à l’origine de son malheur (Tom Hardy, tas de muscles, près à exploser à chaque instant)…

Après son formidable « Birdman », Alejandro Inarritu plonge sa caméra dans le folklore boyscout américain : l’exploit de ce trappeur rescapé de tous les enfers de la terre. Et si l’image est sublimissime, le film n’en reste pas moins trop long et trop surréaliste pour vraiment accrocher le spectateur du début à la fin. Quelques rires ont même fusé dans la salle quand, après des heures de péripéties rocambolesques, Di Caprio échappe une énième fois à la mort grâce à une cascade abracadabrante.

Une légende est rarement friande de réalisme pur et dur et habille ses héros quasi divins d’une aura particulière. Cependant il semblerait que Hugh soit devenu invincible : il nage dans des rivières glaciales sans éprouver le moindre frisson, enfile ses vêtements raidis par la glace sans une once d’inconfort, allume des feux sur des pierre détrempées avec trois brindilles et demi en moins de temps qu’il ne faut pour le dire et puis surtout résiste à la fièvre de cheval qui l’assaille après son combat contre l’ours, se cautérise la gorge dont un os dépassait et le gênait pour boire en un claquement de doigts et sans crier… Bien sûr, il était trappeur donc ça n’est pas la tapette de service et l’histoire d’un surhomme de sa trempe traverse les âges, se déforme pour nourrir le mythe, mais personnellement, je suis restée hermétique à toutes ses aventures et aux enjeux de son combat!

Le suspense non plus n’est pas vraiment insoutenable car comme le titre le dit si bien, il revient!

The Revenant – trailer

ROOM

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« Camion, se dégager, sauter, courir, quelqu’un. »

Ce film est une véritable claque! Abordant un sujet délicat voire carrément glauque, on en ressort habité pour longtemps par cette histoire et surtout la performance des deux acteurs principaux. Brie Larson n’aura d’ailleurs pas volé son oscar. Quand au jeune Jacob Tremblay il est époustouflant!

Joy est enfermée depuis 7 ans dans un abri de jardin et se fait violer tous les soirs par son agresseur. Elle vit avec son fils de 5 ans, Jack, fruit du viol… Malgré un environnement hostile et aliénant, Joy essaie que son fils ait une vie « normale » entre séances de gym quotidiennes, bain, préparation d’un gâteau d’anniversaire, jeux et séances télé, seul lien vers le monde extérieur avec la lucarne au-dessus de leurs têtes, laissant entre apercevoir un bout de ciel…

Le film est incroyable non seulement parce qu’on est dès les premières minutes hypnotisés par cette mère et son fils vivant en vase clos mais aussi parce que dans la seconde partie le réalisateur aborde toute la question du retour « à la normale » après une telle expérience : que se passe-t-il quand la victime rentre chez elle après des années de sévices? Comment réagit-elle? Se réadapte-elle facilement? Comment le vit sa famille?

Lenny Abrahamson réussit un coup de maître en filmant avec beaucoup de sobriété, de pudeur, de finesse et sans aucun pathos une histoire inspirée directement des affaires les plus ignobles de ces dernières années que sont celles de Natascha Kampusch et Elizabeth Fritzl toutes deux séquestrées, violées… 

J’en ai encore des frissons…

Room – trailer

 

 

 

 

 

JOY

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« Le monde ne te doit rien »

Joy n’a que son prénom de positif parce que pour le reste c’est pas vraiment le bonheur… Elle vit avec ses deux enfants, sa mère dépressive qui passe son temps devant un soap dégoulinant, une grand-mère somme toute adorable, un ex-mari chanteur de pacotilles qui beugle des heures durant dans la cave et un père revenu trouver refuge après un énième mariage raté et qui ne supporte pas son ex-gendre. La maison tombe en ruine et cerise sur le gâteau Joy gagne des cacahuètes en faisant un job de merde.

Mais Joy est, depuis son enfance pleine de ressources, elle passe son temps à rêver des inventions géniales et qui révolutionneraient le quotidien de pas mal de monde.

Le cinéma américain regorge de ce genre de film où le héros s’accroche à son American Dream et finit pas le concrétiser… David O. Russel, après son jubilatoire « American Hustle » qui voyait Christian Bale et Amy Adams piéger avec panache un politicien corrompu, s‘y colle avec moins de succès que dans son précédent film… Il a tellement voulu que les décors, le stylisme soient parfaits que le tout dégage un sérieux manque de réalisme. Il n’était pas nécessaire de faire dans le social glauque mais vu que le film est basé sur une histoire vraie on a du mal à imaginer que Joy ait évolué dans un environnement aussi propret… Et son adorable grand-mère sort tout droit d’une pub Tommy Hilfiger.

Jennifer Lawrence reste quand même une bonne actrice et puis c’est chouette aussi de voir Isabella Rosselini, muse de David Lynch, incarner une femme d’âge mûr riche et un peu déjantée. Pour le reste le film dure deux heures et c’est long surtout quand on devine assez rapidement les ficelles du scénario…

Petite déception…

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